L’histoire des Châteliers est étroitement liée à celle de l’ancienne abbaye des Châtelliers, fondée en 1119 et fermée en 1791, située sur les communes de Chantecorps et de Fomperron.









Nichée au cœur du département des Deux-Sèvres, dans la commune des Châteliers, entre les anciennes paroisses de Fomperron et de Chantecorps, l’abbaye Notre-Dame des Châtelliers était l’un des plus importants témoignages du patrimoine cistercien du Poitou. Elle fut fondée en 1119 par le bienheureux Giraud de Sales, ermite périgourdin qui y décéda et y fut inhumé en 1120. Elle fut affiliée en 1160 à l’ordre de Cîteaux en Bourgogne. Le vallon choisi, paisible et isolé, était conforme aux principes des moines qui recherchaient des lieux retirés (dits « déserts ») propices à la prière et au travail.
Le nom « Châtelliers » trouve probablement son origine dans la présence d’un ancien site fortifié gallo-romain, dérivé du mot latin castellum. Des découvertes archéologiques réalisées à la fin du 19ème siècle ont confirmé l’occupation ancienne du secteur, révélant l’importance stratégique et historique de ce territoire bien avant l’arrivée des moines.
En 1463, la reine Marie d’Anjou, veuve du roi Charles VII et mère de Louis XI, y décèda lors de son retour de pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Son fils conféra alors à l’abbaye le titre prestigieux et symbolique de « royale ».
Une abbaye au cœur du développement régional
Dès sa fondation, l’abbaye joua un rôle majeur dans l’aménagement et le développement économique de la région. Comme de nombreuses communautés cisterciennes, les moines transformèrent profondément leur environnement. Ils aménagèrent des étangs, canalisèrent les cours d’eau, développèrent l’agriculture, l’élevage et l’exploitation forestière, faisant de l’abbaye un centre économique prospère.
Grâce aux donations de seigneurs locaux et à l’acquisition progressive de terres, l’abbaye des Châtelliers étendit son influence sur une grande partie du territoire environnant. Ses domaines agricoles, ses moulins, ses bois et ses étangs contribuèrent pendant plusieurs siècles à la richesse de la communauté monastique et au développement des villages voisins.
La présence de l’abbaye participa également à la structuration du territoire qui constitue aujourd’hui la commune des Châteliers. Située dans un paysage vallonné caractéristique du centre des Deux-Sèvres, la commune conserve encore les traces de cette histoire monastique qui a façonné son identité rurale et son patrimoine.
Un riche héritage culturel
L’abbaye des Châtelliers a également laissé un important héritage artistique. Au fil des siècles, elle développa un remarquable patrimoine architectural et décoratif, qui témoignait de son rayonnement spirituel.
Plusieurs tableaux provenant de l’abbaye sont aujourd’hui conservés dans des églises de la région (Niort et Thouars). Des cloches datant du XVIIe siècle ont également été préservées (par exemple à Sainte-Néomaye) et continuent de rappeler l’histoire du monastère.
Les fouilles archéologiques menées sur le site au 19ème siècle ont permis la découverte de vestiges remarquables, notamment des carreaux de pavement gothiques décorés, des fragments architecturaux, des sculptures et des pierres tombales. Ces découvertes sont aujourd’hui conservées dans différentes réserves muséales (Niort, Parthenay, Poitiers …).
De la Révolution à nos jours
Comme la totalité des institutions religieuses françaises, l’abbaye des Châtelliers fut profondément bouleversée par la Révolution française. En 1791, les biens monastiques furent nationalisés puis vendus. Les bâtiments furent progressivement démantelés, leurs pierres réemployées dans des constructions voisines, entraînant la disparition de la quasi totalité de l’ensemble conventuel.
Malgré ces destructions, le site conserve une forte valeur historique et patrimoniale. Les vestiges encore visibles permettent d’imaginer l’organisation d’une grande abbaye cistercienne médiévale et rappellent le rôle essentiel qu’elle joua dans l’histoire du Poitou.
Un témoin précieux du patrimoine des Deux-Sèvres
Aujourd’hui, bien que le domaine soit divisé en plusieurs propriétés privées non ouvertes à la visite, l’abbaye des Châtelliers demeure l’un des sites historiques majeurs de la commune des Châteliers et du département des Deux-Sèvres.
À travers ses vestiges, son influence sur le paysage local et les nombreux objets conservés dans les collections patrimoniales, elle continue de raconter près de neuf siècles d’histoire. Elle demeure un symbole fort de l’héritage cistercien du Poitou et un élément essentiel de la mémoire collective des Châteliers, rappelant l’importance de ce territoire dans l’histoire religieuse, économique et culturelle de la région.
Les Châteliers : une commune marquée par son histoire
La commune des Châteliers est créée au 1er janvier 2019 par un arrêté préfectoral du 9 novembre 2018 par le regroupement des anciennes communes de Chantecorps et de Coutières. Le chef-lieu de la commune est situé à Coutières.
La commune possède une certaine diversité de sols (granit, sols argilo-calcaires, argiles).
La commune est traversée par un cours d’eau, la Vonne, fréquenté par des amateurs de pêche, et par des visiteurs qui se promenant sur les rives en découvrant le parcours du sentier du granit. L’élevage domine et imprime sa marque sur des paysages de bocage aux prairies verdoyantes enserrées de haies vives.
La commune des Châteliers, située à proximité de Saint-Maixent-l’École et de Parthenay, est aujourd’hui un paisible village du Haut-Val de Sèvre. Son territoire est composé de paysages agricoles, de haies bocagères, de bois et de vallons qui rappellent l’environnement dans lequel les moines cisterciens s’étaient installés au XIIe siècle.
Le patrimoine local témoigne encore de cette longue histoire. Les anciennes paroisses de Chantecorps et de Fomperron possèdent chacune des édifices religieux remarquables, tandis que les chemins ruraux, les étangs et certaines limites foncières trouvent parfois leur origine dans l’organisation du domaine monastique médiéval.
Les habitants des Châteliers demeurent particulièrement attachés à cet héritage, qui constitue l’un des éléments les plus emblématiques de l’identité de la commune.
Source : Philippe Michaud

